17 avril 2021

Pourquoi tant de Canadiens abandonnent-ils la course? (Accueil de la communauté des coureurs canadiens et du magazine iRun)

Il y a quelques années, j’ai lu que seulement 2% des coureurs canadiens continueront à vivre leur passion après 65 ans. J’avais 60 ans à l’époque et j’avais du mal à continuer à courir, alors ce faible taux de rétention m’a secoué. Il y avait de bonnes chances que je ne franchisse pas la ligne d’arrivée des 65 ans.

Je n’ai jamais pu vérifier cette statistique de deux pour cent. Une partie du problème consiste à arriver à une définition de ce qui constitue un coureur. Nous allons des marathoniens d’élite aux joggeurs deux fois par semaine. Pourtant, aucune personne à qui j’ai demandé n’a mis en doute la véracité du chiffre. Tous conviennent qu’un très petit nombre de Canadiens franchiront les kilomètres au-delà de l’âge traditionnel de la retraite.

Pensez à ce faible pourcentage la prochaine fois que vous participerez à une course sur route (espérons-le, cet été). Regardez un groupe aléatoire de 100 concurrents dans la foule. Seuls deux seront encore en cours d’exécution au milieu de la soixantaine. C’est une image qui donne à réfléchir compte tenu des avantages incontestés de la course à pied pour la santé plus tard dans la vie.

La course à pied récréative affiche le taux de participation le plus élevé de tous les sports de la planète. Pourquoi alors tant de Canadiens y renoncent-ils? La réponse la plus courante se résume en un mot: les genoux. Pourtant, la course est en fait saine pour les articulations du genou. D’autres prennent leur retraite en raison d’une maladie physique, comme un mal de dos ou un problème médical urgent. Pour la plupart d’entre nous, il existe une multitude de solutions éprouvées pour aider à prolonger notre vie courante.

La physiothérapie sportive, les étirements dynamiques, le yoga et la musculation en sont quelques-uns. Idem pour les initiatives de bien-être comme le contrôle du poids, l’amélioration de l’alimentation et l’abandon de l’alcool. Pour ceux d’entre nous qui y sont engagés à vie, la course à pied est une option d’exercice qui vaut la peine d’être poursuivie. Pourtant, les baby-boomers, la plus grande vague d’âge de l’histoire du Canada, lui donnent un laissez-passer. Arrêter à 50 ans leur laisse 30 ans pour regarder les autres en profiter.

Une partie du blâme réside dans les événements de course qui se concentrent sur la course, la victoire et les meilleurs temps personnels. Certains coureurs en ont fini avec ces derniers à 50 ans, sinon plus tôt. Réduire les attentes sportives est difficile pour les personnalités compétitives. S’adapter à la course simplement pour le plaisir est pour la majorité, impossible et ils abandonnent, pour de bon.

J’ai apprécié l’euphorie des grandes courses – avec 50 000 autres dans la course SUN de Vancouver – jusqu’à l’âge de 53 ans. Je m’attendais à continuer à courir le week-end de 10 km pour toujours. Puis vint le mur, ce déclin rapide tant d’expérience, au milieu de la cinquantaine. Toujours en forme et confiant, je ne l’ai pas vu venir et je ne savais pas comment réagir.

Je ne suis plus un coureur “ sérieux ”, je suis devenu un coureur inactif, blessé et en surpoids – une épave de train physique.

J’ai renversé la vapeur en apprenant à embrasser le cousin plus lent de la course, le jogging. Pour moi, il offre tous les meilleurs résultats de la course à pied: joie, santé et énergie. Le jogging peut même me sauver la vie. Courir après 60 ans – avec les habitudes positives qui l’accompagnent nécessairement – n’est pas seulement une activité récréative. C’est un médicament pour la vitalité et la longévité tardives. J’ai parfois l’impression de courir littéralement pour ma vie.

Au cours de la dernière année, six personnes que je connaissais sont mortes d’un cancer ou d’un accident cardiaque. Tous étaient dans la cinquantaine ou la soixantaine et étaient des gens brillants et positifs qui avaient encore beaucoup de vie à donner. Non, courir ne les aurait pas tous sauvés. Ce n’est pas une panacée pour tous les maux médicaux. Mais le mouvement quotidien déterminé appartient quelque part dans la discussion plus large sur le bien-être en fin de vie et la médecine préventive.

Chaque jour, cette année, un millier de Canadiens auront 65 ans. Nous sommes un pays vieillissant. La génération qui a marqué le début du boom des années 1970 deviendra bientôt le groupe démographique le moins actif au Canada.

«Bien sûr, ce sont les moins actifs!» J’entends les gens dire. «Vous attendez-vous vraiment à ce que les retraités soient aussi actifs que la trentaine?» Aussi contrariant que cela puisse paraître, oui, je le fais. Nous choisissons en grande partie de ne pas l’être parce que l’inactivité fait partie de notre culture.

Ma province est brillante pour faciliter le sport et les activités physiques pour les jeunes. Ceci malgré une population âgée importante et des niveaux graves de malaise induits par le mode de vie. Un effort herculéen est fait pour une participation active pendant les 20 premières années de notre vie, mais presque rien pendant les 20 dernières.

Les attitudes sociales négatives n’aident pas. Je me suis habitué aux regards incrédules, aux sourires narquois et au dégoût pur et simple des gens qui me voient faire du jogging. Apparemment, ce que je fais est bizarre. «Une promenade autour du pâté de maisons avec le chien, d’accord», semble dire notre société, «mais courir? À votre âge? Êtes-vous fou?”

Ceci malgré la science qui semble montrer que plus, peut-être même la plupart d’entre nous, peuvent être capables de courir dans nos 70 et 80 ans. Le phénomène ontarien Ed Whitlock a établi des records du monde à 80 ans. Mick Jagger a dit un jour qu’il faisait du jogging 10 km par jour. Sir Mick a 77 ans et va fort. Le célèbre romancier japonais Haruki Murakami parcourt 10 km par jour. Il a 71 ans.

Je gagnais des courses de fond en 1970. Je n’ai plus besoin de compétition organisée. Je suis un jogger fier et honoré d’avoir rencontré Arthur Lydiard, l’homme crédité d’avoir inventé à lui seul l’activité que j’embrasse. Lydiard a dit à ses coureurs de ralentir, de faire du jogging, parce qu’ils bougeaient pour le bien de leur santé, pas pour gagner des courses.

L’été dernier, j’ai terminé plusieurs courses raves rurales en solo, toutes stimulantes, gratifiantes et bénéfiques pour la santé. Leur sensation palpable de liberté et de bonheur a fait de ce senior le sentiment d’être le coureur le plus heureux du Canada. Le plan est de les continuer jusqu’à mes 80 ans. Pour l’instant, je vais profiter de mon adhésion à ce groupe de coureurs rares, le Two Percent Club.

Jenkins vient de terminer son livre Jogging Through the Graveyard, Running For My Life After 60

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